Chère Mère Ascensión Nicol

Aujourd’hui, je me permets de t’écrire du plus profond de mon cœur, avec le désir sincère de dialoguer avec toi, non seulement en tant que cofondatrice de la Congrégation, mais aussi comme femme de foi, travailleuse, humble et grande sœur.

À partir de ton “oui” généreux, semblable à celui de la Vierge Marie, notre Mère, donné à l’inconnu, j’ai appris que marcher avec Dieu est un acte de confiance et de courage. C’est pourquoi aujourd’hui, je veux te partager ce qui habite en moi : mes rêves et mes peurs.

Je rêve d’une Congrégation plus vivante, en sortie, qui continue d’ouvrir des chemins là où personne ne veut aller, comme tu l’as fait. Je rêve de communautés qui soient un foyer pour celles et ceux qui ont tout perdu. Je rêve d’une mission qui sache écouter le cri des plus pauvres, en particulier ceux qui n’ont pas de voix, ni dans l’Église, ni dans la société, ni parfois même dans nos propres familles, qui sont aujourd’hui nos « Maldonados », comme tu les as entendus dans la forêt.

Je rêve d’une Église plus humaine, plus synodale, plus proche, où chacune ait une voix et où nous puissions marcher ensemble, comme des sœurs, dans le discernement et la fraternité. Je rêve de ne pas perdre la passion missionnaire que tu as allumée ; de continuer à croire qu’un autre monde est possible s’il y a foi, espérance, amour et don de soi ; mais j’ai aussi peur, Mère.

J’ai peur que la fatigue ou la routine me fassent oublier le feu du premier amour. Peur que les urgences me volent la tendresse, celle que tu as vécue comme une force silencieuse dans ton leadership. Peur que nos communautés se ferment à l’Esprit et que nous perdions la capacité d’écouter, de faire confiance, d’accueillir la nouveauté que Dieu veut réaliser parmi nous.

Parfois, j’ai aussi peur de ne pas être à la hauteur du Charisme que j’ai reçu, ou de manquer de courage pour risquer ce que j’ai pour le Royaume. Peur de rester confortablement installée, alors que tu as toujours été en chemin, à la recherche du pauvre et de l’espérance.

C’est pourquoi je te demande : intercède pour moi, pour nous. Apprends-nous à vivre avec joie, avec profondeur, avec réalisme et confiance en Dieu. Aide-nous à choisir toujours la porte étroite, celle qui conduit à la rencontre avec les plus pauvres et avec nous-mêmes.

Je te demande aussi d’intercéder pour que je sois ouverte à la volonté de Dieu et à l’action de l’Esprit Saint dans ma vie missionnaire.

Merci pour ta vie, ton héritage, ton témoignage. Que, comme toi, nous puissions continuer à dire chaque jour :
« Qu’Il nous donne la lumière pour connaître ses chemins et ses décisions, afin de les suivre envers et contre tout. »

Avec affection et gratitude,

 Melanie Angeline Angoni Biloa./ Juniora Aldaya

Compartir esta publicacion